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À l’approche des élections municipales de 2026, plusieurs dossiers structurants engagent durablement l’avenir de Sucé-sur-Erdre. Le collectif Énergies Citoyennes a pris le temps d’analyser en profondeur les projets initiés par la mandature actuelle : le devenir du Manoir de la Châtaigneraie, le terrain de foot, le pôle senior de la Hautière ou encore le projet de cimetière-parc route de Nort associé à la vente d’un foncier stratégique attenant au cimetière actuel. Voici les réflexions et les points d’alerte relevés par les groupes de travail au sein du collectif Energies Citoyennes.

Municipales 2026. À Sucé-sur-Erdre, le collectif « Énergie citoyennes » veut unir et agir

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Photo Adrien Beunois

La commune a acquis et rénové le Manoir de la Châtaigneraie pour 2,5 millions d’euros de travaux, financés par l’emprunt. La Chambre régionale des comptes a souligné l’impact significatif de cet investissement sur les finances communales, tandis que les recettes actuelles pour la commune demeurent faibles au regard de l’effort consenti (environ 30 000 € de loyer annuel, complétés par une part variable du chiffre d’affaires).
La fin prochaine du contrat de délégation de service public et le départ de l’exploitant actuel ouvrent une phase décisive pour le manoir de la Châtaigneraie.
La possibilité d’une prolongation du contrat a été étudiée. Les services municipaux ont rappelé que, au regard du droit de la commande publique, l’allongement d’une DSP peut être considéré comme une modification substantielle du contrat, juridiquement fragile. L’équipe municipale actuelle a donc choisi de lancer une nouvelle procédure à la fin de l’été. Mais celle-ci a été déclarée infructueuse. Résultat : un lieu emblématique de Sucé-sur-Erdre se retrouve aujourd’hui sans projet clairement identifié.
Les habitants comme les élus ne disposent pas d’une information complète sur les candidatures reçues, sur la nature des projets proposés ni sur les raisons précises qui ont conduit à l’absence de sélection d’une offre.
Cette situation alimente les interrogations, d’autant que plusieurs orientations très différentes sont désormais possibles : une gestion directe par la commune, la poursuite d’une exploitation privée, une ouverture renforcée du site au public, ou encore la cession du bien. Chaque option engage durablement le budget communal et façonne l’avenir de ce lieu.
Pour Energies Citoyennes, il serait imprudent de décider dans l’urgence. Nous souhaitons rencontrer l’exploitant actuel afin d’examiner la possibilité d’une prolongation temporaire de son activité, dans un cadre juridiquement sécurisé. Ce temps de transition doit permettre de construire un projet clair, soutenable financièrement et partagé avec les habitants.
Notre ambition est de faire du manoir de la Châtaigneraie et du parc Germaine Le Goff un véritable lieu de vie ouvert à tous.
Nous imaginons un projet hybride, à la fois culturel, social et économique : un restaurant accessible et abordable, intégrant des personnes en situation de handicap, un espace convivial pouvant accueillir une guinguette, des événements culturels, des initiatives associatives et citoyennes. Ces types de lieux existent déjà dans d’autres territoires : ils démontrent qu’il est possible de concilier attractivité, inclusion sociale et équilibre économique.
Un tel projet pourrait s’appuyer sur des partenariats avec des acteurs de l’économie sociale et solidaire, des associations locales, mais aussi sur des financements externes : fondations, mécénat, dispositifs publics et privés dédiés à l’inclusion, à la culture et à l’innovation sociale.
Ces pistes ne constituent pas un projet figé, mais une base de réflexion.
Nous sommes convaincus que l’avenir du manoir doit être construit avec les habitants en étudiant l’ensemble des scénarios possibles : publics, privés, associatifs ou hybrides et en évaluant chaque option au regard de l’intérêt général, de la viabilité économique et de l’utilité sociale. Au-delà du cadre juridique, la situation actuelle révèle surtout l’absence de débat public sur la vocation du manoir Le manoir de la Châtaigneraie n’est pas un dossier technique parmi d’autres. C’est un choix politique.
Un choix qui engage l’identité de Sucé-sur-Erdre, son attractivité et sa capacité à créer du lien entre les habitants. Parce que l’avenir d’un lieu aussi symbolique ne peut pas se décider dans un cercle restreint. Il doit devenir un projet de territoire.

Photo Adrien Beunois

Un dossier structurant, encore peu connu des habitants, concerne la création d’un nouveau cimetière à l’extérieur du bourg, le long de la route de Nort, ainsi que la vente de la parcelle attenante au cimetière actuel à un promoteur immobilier pour un montant de 500 000 €.

La saturation future du cimetière actuel est une réalité qu’il faut anticiper.
Mais les choix opérés soulèvent plusieurs questions de fond.

La vente de la parcelle attenante au cimetière existant interroge d’autant plus qu’elle ferme une option identifiée dans l’étude d’urbanisme PAUME (2023) : l’extension et la végétalisation du cimetière actuel, intégré au tissu urbain et aux cheminements doux.

Parallèlement, le projet de cimetière-parc impliquerait la mobilisation de 6 à 12 hectares de terres agricoles : un coût estimé à 1,5 million d’euros en comptant la viabilisation du terrain et les aménagements nécessaires.


À ce stade, rien ne garantit l’obtention des autorisations nécessaires sur ces terrains classés, alors même que l’option d’agrandissement du cimetière existant a été abandonnée par la vente du foncier.

Le projet immobilier envisagé soulève par ailleurs des enjeux importants de circulation et de sécurité sur l’avenue de l’Europe, et pourrait compromettre la mise en œuvre d’un futur aménagement cyclable structurant.

Ces deux décisions donnent le sentiment d’une gestion foncière menée au coup par coup, sans vision globale ni débat public.
Elles traduisent surtout une difficulté plus large : celle de financer durablement les équipements, les services publics et les projets structurants de la commune.

Photo Adrien Beunois

Sucé-sur-Erdre dispose d’atouts majeurs, mais son rayonnement culturel et touristique reste aujourd’hui partiellement exploité.

Avec près de 7 500 habitants, une population en croissance et une situation stratégique aux portes de Nantes, la commune bénéficie d’un potentiel rare. Elle peut également s’appuyer sur un tissu associatif dynamique et sur une programmation culturelle portée notamment par l’Escale Culture, qui contribue à la vitalité locale et à l’identité de la commune.

Chaque année, l’Erdre et ses rives attirent un public important, tandis que la Vélodyssée constitue l’un des grands itinéraires cyclables européens. À l’échelle de la Loire-Atlantique, cet itinéraire accueille plusieurs centaines de milliers de cyclistes par an, dont une part significative traverse ou longe le territoire de Sucé-sur-Erdre.
Pourtant, on estime que moins d’un cyclotouriste sur dix s’arrête réellement dans la commune pour consommer, se restaurer ou séjourner.

Ce constat révèle un enjeu majeur : Sucé-sur-Erdre est aujourd’hui davantage un lieu de passage qu’une destination.

Sur le plan de l’hébergement, la commune dispose d’une offre réelle : gîtes, chambres d’hôtes, hébergements chez l’habitant, locations touristiques. Plusieurs acteurs locaux ont engagé une démarche de mise en réseau afin de gagner en visibilité et de mieux valoriser leur offre. Cette dynamique témoigne d’un intérêt croissant pour le développement touristique de la commune.

Cependant, ces forces restent encore insuffisamment coordonnées, faute d’une vision d’ensemble clairement assumée à l’échelle communale. Les initiatives existent, portées par des acteurs engagés et souvent bénévoles, mais elles manquent d’un cadre stratégique permettant de leur donner plus de cohérence et de visibilité dans la durée.

Le Quai des Possibles illustre cette réalité : ce lieu joue déjà un rôle important dans la vie locale, en accueillant des projets, des rencontres et des initiatives citoyennes. Son potentiel comme espace emblématique de dialogue, d’innovation sociale et de création culturelle pourrait être davantage valorisé, au service d’un projet de territoire plus ambitieux et partagé.

Pour autant, l’offre d’accueil reste insuffisamment connectée à une stratégie touristique globale : manque de lisibilité, absence de parcours structurés, articulation encore limitée avec les commerces, la culture et les équipements de loisirs.

Il manque notamment des équipements et services adaptés : points d’eau, espaces de pause, lieux de restauration accessibles, signalétique patrimoniale, parcours culturels et nature, lieux de convivialité. Autant d’éléments qui permettraient de transformer un flux de passage en véritable expérience de séjour.

Le manoir de la Châtaigneraie illustre également cette situation : un site emblématique, mais dont la vocation reste incertaine, alors qu’il pourrait devenir un levier majeur d’attractivité et de vie locale.

En résumé, Sucé-sur-Erdre dispose d’un potentiel culturel et touristique réel, déjà animé par des acteurs engagés, mais insuffisamment structuré pour produire un rayonnement à la hauteur de ses atouts. L’enjeu n’est pas de faire plus, mais de faire mieux ensemble : relier patrimoine, nature, culture, hébergement et économie locale dans une stratégie cohérente.

Ce que nous proposons

Si nous sommes élus, nous voulons construire cette stratégie avec l’ensemble des acteurs du territoire : associations, commerçants, acteurs culturels, habitants, mais aussi professionnels de l’hébergement et du tourisme.

Nous améliorerons d’abord l’accueil et l’information des visiteurs : signalétique claire, parcours patrimoniaux et nature, meilleure visibilité de l’Office de tourisme, outils numériques simples et accessibles.

Nous nous appuierons pleinement sur les atouts structurants de la commune : l’Erdre et les équipements nautiques, les grandes voies cyclables comme la Vélodyssée et la Régalante, le tram-train. Ces infrastructures doivent devenir de véritables leviers de développement touristique, et non de simples axes de passage.

Nous développerons les connexions entre le bourg, les voies vertes, les chemins de randonnée et les pistes cyclables, afin que les flux touristiques irriguent davantage le centre-ville et profitent directement aux commerces locaux.

Nous associerons pleinement les acteurs de l’hébergement à la construction du projet touristique communal. Leur connaissance du terrain constitue un atout essentiel pour bâtir une offre plus cohérente, plus visible et mieux intégrée à la vie locale.

Nous soutiendrons enfin l’émergence de nouvelles formes d’accueil et d’animation, responsables et adaptées au territoire : hébergements légers intégrés au paysage, accueil à la ferme, péniches-gîtes, projets inspirés de modèles de tourisme nature, en concertation avec les acteurs locaux. Nous souhaitons également expérimenter, à certaines périodes, un port plus piétonnier et des animations conviviales.

Notre ambition est simple : faire du rayonnement culturel et touristique un levier du vivre-ensemble, de la santé, de l’économie locale et de la qualité de vie.

Une conviction forte

C’est cette vision, fondée sur la coopération, la concertation et la responsabilité que la liste Énergies Citoyennes souhaite porter pour Sucé-sur-Erdre.

Photo Adrien Beunois

Nous faisons le choix de la clarté et de la responsabilité.

Depuis 2020, comme le souligne le rapport de la chambre régionale des comptes, les finances communales ont été affectées de plein fouet par l’acquisition du Manoir de la Châtaigneraie et sa restauration, soit un coût de 2,5 millions d’euros, non intégré au plan pluriannuel de financement. La municipalité actuelle a donc fait le choix de vendre un certain nombre d’actifs communaux comme le terrain du Moulin à Vent en 2021, la Maison paroissiale en 2022, l’Atelier des Arts et la maison de la Plage Verte et plus récemment, la vente du terrain jouxtant le cimetière.

Depuis 2014, la fiscalité locale n’a pas évolué à Sucé-sur-Erdre, pour information, le taux de taxe foncière communale est de 34,97%, et situe la commune avec le deuxième taux le plus faible des communes de la CCEG dont la moyenne se situe à 42%. Ce choix a permis de préserver le pouvoir d’achat des habitants. Aujourd’hui, la majorité municipale promet à nouveau la stabilité fiscale pour les six prochaines années.  Affirmer qu’aucune évolution fiscale ne sera nécessaire pendant six ans, sans préciser comment seront financés les équipements, les services publics et les projets structurants de la commune, pose une question de crédibilité et de responsabilité.

La situation de la dette de la commune n’est pas non plus florissante. L’actuelle municipalité a réalisé en 2024, un emprunt de 2,9 millions d’euros. La dette atteint 7,5 millions d’euros, ce qui est un niveau moyen à élevé. Ainsi, il n’est donc pas raisonnable de réemprunter dans les 3 prochaines années. 

Evolution de l’encours de la dette et de la capacité de désendettement :

Source : débat d’orientation budgétaire 2025.

Le financement de l’action publique locale ne peut durablement reposer sur la vente du patrimoine communal ou sur des décisions d’aménagement irréversibles.

C’est dans ce cadre que nous défendons une approche pragmatique de la gestion du patrimoine communal : préserver en priorité les biens stratégiques pour l’avenir de la commune, tout en sachant envisager la cession de certains biens lorsqu’ils ne présentent pas d’intérêt majeur pour le projet de territoire.

La question n’est donc pas de vendre ou de conserver par principe, mais de décider en fonction de l’intérêt général et d’une vision d’ensemble, plutôt que sous la pression de contraintes budgétaires immédiates.

Nous pensons qu’il est nécessaire d’ouvrir un débat clair et serein sur les ressources de la commune. Une évolution mesurée grâce un audit financier, de la fiscalité locale peut être un levier, pour préserver le patrimoine communal, sécuriser les investissements nécessaires et maintenir la qualité des services publics.

Notre ambition est simple : donner à Sucé-sur-Erdre les moyens de ses ambitions, sans illusion ni promesses irréalistes, mais avec une gestion rigoureuse, juste et tournée vers l’avenir.